Billet MPM de septembre 2019

Pour sa 4e rentrée, la MPM met les petits plats (pédagogiques) dans les grands

Après la pause de l'été, la MPM reprend ses activités. Entre la fin septembre et la mi-octobre, en l’espace de moins d’un mois, elle offre un panorama complet des différents mets pédagogiques qu'elle est en mesure de proposer à l’appétit des  enseignants des éducateurs et des formateurs de la région mulhousienne. Un menu à la carte pour bien commencer l’année et faire de la MPM un lieu de rencontres et d’échanges capables de soutenir l’engagement et d’alimenter la réflexion et les pratiques des acteurs.

D'abord, les grands plats (ou plats de résistance)

La pédagogie du chef d'oeuvre 

 2 rencontres

Mardi 1er octobre 2019

18 h au Lycée Roosevelt à Mulhouse

(inscription souhaitée)

Mercredi 2 octobre 2019

14 h 30 à l'ESPE de Colmar

et un 

Atelier autour de la pédagogie du chef d'oeuvre 

Mercredi 2 octobre 2019

8 h 30 au Lycée Roosevelt à Mulhouse

(inscription obligatoire)

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Conférence Serge Boimare

"Retrouver l'envie d'apprendre"

Lundi 14 octobre 2019

en partenariat avec

creditmutlogo

19 h au Centre sportif régional

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A la rencontre des grands pédagogues

Pauline Kergomard
(1838 - 1925)

Lundi 23 septembre 2019

de 18 h à 20 h

lieu à définir

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Pour cette rentrée 2019-2020, la MPM s’est assurée le concours de "chefs" étoilés de la pédagogie pour intervenir dans des rencontres ouvertes à de larges publics. Ce sont des praticiens qui viennent témoigner de leur solide expérience et présenter les réflexions qu’ils en retirent : autant dire que nous avons affaire à des pédagogues au sens plein du terme dans ces allers-retours permanents entre pratique et théorie, entre travail de terrain et travail d’écriture. Mais ce sont aussi des personnes pour lesquelles la pédagogie est un champ de possibles à faire découvrir pour mieux répondre aux défis éducatifs de notre temps et mieux contribuer à la construction de la personne et du citoyen.

La première de ces rencontres a lieu le mardi 1er octobre, avec Léonard Guillaume et Jean-François Manil autour de "la pédagogie du chef d’œuvre". Cette notion de chef d’œuvre, bien connue des pédagogies Freinet ou Steiner, sous-jacente dans les TPE (1) s’apprête à devenir le fer de lance de la réforme de l’enseignement professionnel (en lycée professionnel et en CFA). Elle est au cœur de la pédagogie de L. Guillaume et de J.-F. Manil, instituteurs et docteurs en éducation, qui en déclinent tous les bienfaits pour le développement de la personne et en soulignent la dimension éminemment politique. D’ailleurs, pour eux, la pédagogie du chef d’œuvre a également toute sa place hors du cadre scolaire, dans les associations, les organismes de formation, les structures d’éducation permanente et d’éducation populaire. Car, loin d’être une démarche élitiste, la réalisation d’un chef d’œuvre doit permettre à chacun d’exprimer le meilleur de lui-même.

Cette rencontre, organisée en partenariat avec l’ICEM68-Pédagogie Freinet et l’OCCE68 (Office central de coopération à l’école) se prolonge le lendemain, mercredi 2 octobre, avec les mêmes intervenants. L’atelier du matin, limité à 30 personnes (inscription obligatoire), se propose de développer les aspects plus pratiques de mise en œuvre de cette pédagogie. L’après-midi, c’est à Colmar que L. Guillaume et J.-F. Manil donnent rendez-vous avant d’aller retrouver leurs élèves en Belgique.

 La rencontre du lundi 14 octobre, organisée, cette fois, en partenariat avec le CME (Crédit mutuel enseignants) aborde la question récurrente à laquelle sont confrontés tous les enseignants : comment faire pour ne pas laisser au bord du chemin de l’accès au savoir les élèves qui refusent de rentrer dans les apprentissages scolaires ? Une question à laquelle Serge Boimare a consacré toute sa carrière de psychopédagogue et qui est au centre de tous ses ouvrages depuis La peur d’apprendre (1999 et réédition 2019) jusqu’à celui paru au printemps dernier et qui donne le titre de sa conférence "Retrouver l’envie d’apprendre". C’est sa compréhension de ces élèves "empêchés de penser " (et empêcheurs de penser pour les autres élèves de la classe) qui l’ont conduit à développer une démarche pédagogique fondée sur le " nourrissage culturel" (2), dont les effets bénéfiques sont avérés, aussi bien dans le premier que dans le second degré.

 Ensuite, les petits plats (mais pas de moindre intérêt pédagogique que les grands)

On peut parler de "petits plats" pédagogiques car il s’agit d’activités qui concernent un nombre restreint de personnes (environ une dizaine à chaque fois). En revanche, elles s’inscrivent dans la durée, car leur fonction est différente de celle des rencontres présentées ci-dessus : elles permettent à des personnes de se retrouver périodiquement pour échanger sur une préoccupation ou un centre d’intérêt commun. Trois thématiques sont inscrites au menu de la présente rentrée.

"À la rencontre des grands pédagogues" propose chaque mois, depuis mai 2018, de découvrir ou de re-découvrir une des figures marquantes du patrimoine pédagogique mondial (voir la trace de ces rencontres sur notre site Internet). Chaque séance commence généralement par la projection d’un petit documentaire vidéo de Philippe Meirieu sur le ou la pédagogue au programme. Ensuite, les échanges entre participants permettent d’en dégager les apports théoriques et pratiques, puis d’en saisir les résonances avec les préoccupations actuelles des uns et des autres. La saison 2019-2020 s’ouvre le lundi 23 septembre par la rencontre avec Pauline Kergomard (1838-1925) dont le nom est peu connu aujourd’hui, alors qu’elle a été à l’origine de la création de l’école maternelle en France. Une bonne occasion de s’interroger sur la place et le rôle de l’école maternelle chez nous au XXIe siècle.

Deux autres groupes se mettent à table en octobre. A la différence du précédent, ce sont des groupes que l’on peut qualifier de "fermés" puisque, une fois constitués, ils ne peuvent accueillir que très exceptionnellement de nouveaux membres. En effet, il s’agit ici d’engager une réflexion de fond, dans un cheminement qui supposent à la fois continuité dans le temps et stabilité du groupe. Dans les deux cas, cette réflexion est conduite à partir d’échanges et/ou d’analyses de pratiques des participants (déjà là ou expérimentées entre deux séances). Chaque groupe est ainsi invité à explorer l’une des questions vives suivantes :

  • " Eduquer à la citoyenneté : oui, mais comment ?" (groupe co-animé par la MPM, REZO! et l’ICEM68) ;
  • "Activités ludiques, activités scolaires : quels éducateurs sommes-nous, et pour quelle éducation des enfants ?" (groupe co-animé par la MPM et la directrice d’un accueil périscolaire).

Les membres de ces groupes viennent d’horizons professionnels variés. Le moment venu, la MPM fera le point sur la maturation des réflexions au sein de chaque groupe.

On peut aussi venir à la MPM avec ses provisions…et les tirer de son  sac… d'école…

La MPM accueille toutes les suggestions, toutes les demandes venues de l’extérieur. À deux conditions : qu’elles s’inscrivent dans le respect des valeurs et des fondements de l’association et que les forces vives de celle-ci soient en mesure d’assurer la mise en œuvre (éventuellement avec des partenaires) des propositions qui lui sont adressées. C’est d’ailleurs ainsi que sont nés deux des trois groupes présentés comme "petits plats" pédagogiques et le "grand plat" servi en mai dernier sur la place de la nature dans l’éducation des enfants aujourd’hui).

Toutes les bonnes volontés, toutes les initiatives sont les bienvenues pour concevoir, préparer, mijoter, mitonner, les petits et les grands « plats » que la MPM inscrira aux menus des mois à venir.

En attendant, bonne dégustation à toutes et à tous les amateurs de pédagogies riches en saveurs et porteuses de savoirs (3).

 

(1) : "Travaux personnels encadrés", mis en place dans les classes de 1ère et de Terminale des lycées d’enseignement général et technologique au début des années 2000, aujourd’hui supprimés, malgré des appréciations souvent positives de la part des élèves aussi bien que des enseignants.

(2) : L’expression est bien – et depuis longtemps – de Serge Boimare ; elle n’est donc pas un simple clin d’œil à la tonalité dominante de ce billet.

(3) : Dans La saveur des savoirs  (ESF, 2008), Jean-Pierre Astolfi nous rappelle que ces deux mots sont un doublet issu de la même racine latine.

 

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