Billet MPM - Mai 2022

La Maison de la Pédagogie de Mulhouse

pour continuer à explorer sans relache

le champ des possibles pédagogiques et éducatifs


 

 

Qu'est-ce que
la pédagogie ?
"Vous faites quoi
à la MPM ?"

La MPM a fêté son 5e anniversaire et les 100 ans de l’Éducation nouvelle

Trace de la journée du 09 octobre 2021PDF.png

Et si on y allait ensemble ?

L’exposition « l’Art d’apprendre » au Centre Pompidou de Metz ?

« C'est toujours un plaisir pour moi de participer aux échanges proposés par la MPM et cela me permet de toujours évoluer dans ma perception des choses. J’en profite pour dire combien la MPM est précieuse, pour moi bien sûr, mais elle devrait même être reconnue d'utilité publique, surtout par les temps qui courent... ». Ce message encourageant nous est parvenu au beau milieu des deux tours de l’élection présidentielle.

Sans ignorer les difficultés rencontrées sur le terrain par les professionnels de l’éducation, ni les menaces qui planent sur le devenir du service public, la Maison de la Pédagogie de Mulhouse se doit donc de continuer à être à l’écoute et à faire connaître tout ce qui peut contribuer à maintenir vivante la confiance dans la capacité de la pédagogie à inventer en permanence des outils, des démarches, des structures au service d’une éducation conçue – pour reprendre l’expression de Bernard Charlot – comme « un triple processus d’humanisation, de socialisation et de singularisation ».

 

La Maison des Enfants, à Buzet (Belgique)

C’est une école pas comme les autres, une maison où 105 enfants expérimentent le monde au quotidien. Une maison où l’erreur est un « chemin intéressant », où l’on voit des enfants de 6 et 12 ans rédiger un texte ensemble.

C’est ainsi  que  l’Expresso du Café pédagogique du 27 avril présente la structure dans laquelle Jean-François Manil exerce ses talents d’  « artisan-enseignant » depuis près de 26 ans. Un pédagogue bien connu de la MPM puisqu’il y est venu, en octobre 2022, avec son compère Léonard Guillaume, animer une rencontre-débat et un atelier sur la « pédagogie du chef d’œuvre ». Il est aujourd’hui l’auteur d’un nouvel ouvrage « Apprendre de et avec les élèves - Savourer le métier d’enseignant » (Chronique sociale). L’occasion de découvrir ce qui fait la richesse de l’aventure pédagogique de nos amis belges : 

« La Maison des enfants est une école où l’élève n’efface pas l’enfant, où apprendre c’est expérimenter, c’est rechercher. La Maison des enfants est un lieu où les enfants vivent, explorent et s’expriment. Tout cela en apprenant.

Nous sommes clairement des héritiers du mouvement d’éducation nouvelle de 1921. C’est l’idée que l’école publique, alimentée par des fonds publics, n’a pas pour rôle de sélectionner. Ce n’est écrit nulle part, ni en France, ni en Italie, ni ici… Pourtant les enseignants le font. Nous ne sommes pas là pour mettre en compétition les enfants, pour en sélectionner quelques-uns. Nous sommes là pour les faire grandir.

 Je pense, depuis toujours, et la réalité me le confirme, que les enfants, adultes de demain, seront confrontés à un monde dans lequel il faudra être solidaire, créatif, tenace, débrouillard, persistant et c’est là l’utilité de l’école. Elle ne peut servir à sélectionner les meilleurs pour diriger les moins meilleurs. Le rôle de l’école publique, ce n’est pas cela. Son rôle est de faire réussir les enfants. Réussir au sens d’apprendre, grandir, s’éveiller, s’émerveiller, être heureux avec les autres. Elle est aussi là pour développer l’intelligence, un outil nécessaire à la compréhension de notre environnement. Les enfants doivent s’impliquer et entrer en résonnance avec le monde qui les entoure. »

 

La Colonie Gorki, de Makarenko (Russie/URSS)

Autres temps, autres lieux : nous voilà maintenant au lendemain de la Révolution russe de 1917, dans les années de la guerre civile qui va aboutir à la création, en 1922, de l’URSS. Autre public aussi : celui des orphelins, des délinquants, des enfants livrés à eux-mêmes dans cette période profondément troublée.

Un jeune instituteur, Anton Makarenko (1888-1939) prend en charge ces jeunes dans une structure que l’on qualifierait sans doute aujourd’hui de « fermée ». Il y met en œuvre une pédagogie qui fait de lui une figure incontournable de notre patrimoine mondial de l’éducation.

C’est à la rencontre de ce « grand pédagogue » que la MPM propose d’aller le lundi 23 mai, de 18 h 30 à 20 h 30 (à distance). Comme toujours dans cet atelier, co-animé avec le Rezo!, il s’agit de voir comment les innovations d’hier résonnent avec les préoccupations des enseignants et des éducateurs de 2022 : en quoi l’expérience de Makarenko nous parle-t-elle ? En quoi peut-elle nous éclairer sur la prise en charge des publics scolaires d’aujourd’hui en en rupture avec l’école et/la société ? Pour découvrir la présentation, cliquez ici.

 

Le Manifeste de « Convergence(s) pour l’Éducation nouvelle »

Ici, plus question de se référer à une structure, un pédagogue « exemplaire », mais de découvrir les propositions du collectif créé il y a un peu plus d’un an et qui regroupe un certain nombre de mouvements pédagogiques et d’éducation populaire. L’objectif est de promouvoir, à l’échelle internationale, une éducation qui s’inscrive dans la continuité de l’Education nouvelle et qui, dans le même temps, soit en prise avec les grands défis de notre temps. Pour l’heure, un projet de Manifeste en 10 points vient d’être élaboré .

Pour lire le manifeste : PDF

 

Ci-dessous, l’article 8 concerne plus spécifiquement les recommandations sur le devenir de l’école :

« À l’école on devrait :

  • être heureux, fiers de grandir ensemble dans le sentiment de son appartenance à une société et à l'espèce humaine ;
  • inscrire les générations dans une continuité tout en cultivant la nouveauté des enfants. ;
  • œuvrer au développement des singularités par la création, le jeu, l’expérimentation et les apprentissages collectifs.

L’école est un lieu de luttes et de rapports de forces qui se jouent dans le symbolique : le langage, les langues, les conceptions du savoir, la culture, l’évaluation. L’exercice de la liberté pédagogique va de pair avec une posture de citoyen engagé de l’enseignant, responsable du sens politique de ses pratiques. La classe, l'école, lieu d'expérience du fonctionnement de la société, de construction imaginaire de rapports humains et de rapports sociaux possibles. Coopération, confrontation, solidarité intellectuelle et lutte contre les déterminismes sociaux s'incarnent dans les pratiques. La façon d’apprendre a autant d’importance que le contenu des savoirs. L’école s’inscrit dans un écosystème éducatif qui va bien au-delà d’elle-même. Les savoirs qui s’y construisent n’ont de sens qu’en relation avec des espaces de construction de pensée de l’éducation populaire, des mouvements pédagogiques, des lieux d’expression du politique, des lieux d’échange réflexif que se donnent ses praticiens, personnels, parents, enfants... » 

 

Il ne s’agit, pour l’instant, que d’un projet. Le texte définitif sera adopté à l’issue de la Biennale pour l’Education nouvelle qui aura lieu à Bruxelles du 29 au 1er novembre de cette année. Dans cette perspective, les structures qui se reconnaissent dans ce projet sont d’ores et déjà invitées à faire part de leurs remarques, de leurs suggestions, pour amender, enrichir le texte proposé.

C‘est pourquoi la MPM propose à ses adhérents, ainsi qu’à celles et ceux qui le souhaitent, de se retrouver à distance (*) le mercredi 18 mai, de 17 h 30 à 19 h pour échanger et apporter une contribution à l’édifice commun. Une façon de poursuivre la réflexion engagée localement lors de la manifestation du 9 octobre dernier pour fêter à la fois les 100 ans de l’Éducation nouvelle et les 5 ans de la Maison de la Pédagogie de Mulhouse.

Laissons le mot de la fin de ce Billet, ouvert sur des horizons riches de promesses, à Jean-François Manil lorsqu’il répond au message que nous lui avons adressé à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage dont le sous-titre nous invite à « Savourer le métier d’enseignant » :

 

« Je pense que nous œuvrons tous et ensemble pour une éducation qui respecte les uns, les autres et le bien commun. Je n’ai aucune idée si cela a un impact et ne me fais guère d’illusion à ce sujet. En revanche, ce sont les échos qui résonnent. Et vous participez à faire résonner. »

 

À lire ...

                                 - en complément de cette trace, le texte de Jean-Joseph Felz sur " L’école citoyenne "

 

(*) s’inscrire par mail à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. afin de recevoir, la veille de la séance, le lien de connexion).

 

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